Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), principale organisation professionnelle française dédiée à la promotion et à la défense des industries des énergies vertes, compte plus de 500 entreprises membres et organise chaque année de nombreux événements qui rassemblent les acteurs des énergies renouvelables et les décideurs politiques et économiques. Plus de 3 000 personnes participent à l’ensemble de ces événements qui mettent les filières des énergies renouvelables au cœur de l’actualité et des échanges.

Le 29 septembre dernier, le syndicat des énergies renouvelables réunissait ses troupes à l’occasion de son colloque annuel. 900 participants dedans et beaucoup de salariés en colère dehors. Cette année, l’ambiance était, en effet, particulièrement lourde. Malgré une programmation pluriannuelle de l’énergie arrachée de haute lutte, le secteur des énergies renouvelables souffre.

Selon les filières renouvelables, les sujets de crispation sont différents mais force est de constater que les deux principaux écueils sont connus : des finances publiques très abîmées qui paralysent l’action et une consommation électrique en berne. D’ailleurs les sujets sont liés car l’électrification des usages, option clairement “sans regret” tant elle est utile pour le climat et la souveraineté nationale, nécessite un soutien public. De la même manière, le déploiement de la chaleur renouvelable (biomasse, géothermie, solaire thermique) a besoin d’un fonds chaleur musclé. On le sait, passer des fossiles aux renouvelables, c’est passer d’un monde “d’OPEX” à un monde de “CAPEX”. Les investissements sont plus lourds mais la garantie de stabilité des prix et l’application d’une politique climatique efficace sont la contrepartie de cet effort.

Emmanuelle Wargon, Présidente de la Commission de régulation de l’énergie d’un côté, et Nicolas Goldberg, associé chez Colombus de l’autre, ont défendu à la tribune des études qui documentent de façon claire les bénéfices du déploiement des renouvelables. Seront-ils seulement entendus ?

Puis les tables rondes de la journée ont permis à des nombreux intervenants de rappeler que malgré cette période de morosité, les énergies renouvelables disposent de fondamentaux solides partout à l’international comme au cœur de nos territoires ruraux. Au mauvais procès concernant leurs coûts, on retiendra que les deux principaux avocats des renouvelables ont peut-être été Patrick Pouyanné, patron de Total énergies et Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d’EDF, qui ont chacun rappelé le poids massif et nocif de la surrèglementation sur la compétitivité économique des filières.

Dit autrement, un parcours du combattant allégé lors du développement des projets conduirait à une baisse substantielle des prix !

Pour finir, le public attendait les candidats à l’élection présidentielle. Tous se sont fait représenter par un spécialiste des questions énergétiques. Peu de surprise dans les discours des uns et des autres. Comme sur de nombreux sujets, le représentant du Rassemblement National, soutenu parfois par le représentant de LR, s’est distingué en se positionnant très clairement à rebours des enjeux et finalement de l’Histoire… Si le secteur des renouvelables souffre aujourd’hui, en mai prochain, l’éclipse pourrait laisser la place à l’hiver.